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Pareto · La situation· Les facteurs aggravants·

Aide à la décision Fresque

Bêta

Fresque des
causes profondes

Remonter des crises écologiques à leurs causes

Toute société prélève de la matière et de l'énergie, les transforme puis rejette des déchets : c'est son métabolisme.

Plusieurs déterminants conditionnent ce métabolisme : des visions du monde, des institutions, des acteurs et des rapports de pouvoir, hérités de l'histoire (Brand et coll., 2021).

Cette fresque veut éclaircir les déterminants de la civilisation capitaliste, productiviste et extractiviste.

Ce que veulent dire ces quatre mots
  • Civilisation. Une société est un ensemble humain organisé autour d'institutions communes, souvent dans les frontières d'un État. Une civilisation déborde ces frontières : elle réunit plusieurs sociétés qui partagent des techniques, des savoirs, des croyances et certaines institutions (Durkheim et Mauss, 1913). Celle-ci s'est formée en Europe de l'Ouest, puis ses techniques et ses institutions se sont étendues au reste du monde, surtout par l'impérialisme et la colonisation (Eisenstadt, 2000).
    Les grandes composantes d'une civilisation

    L'historien Fernand Braudel y distinguait quatre réalités et une continuité (Braudel, 1963, d'après Dagorn, 2003) :

    • Un espace. Une aire plus vaste qu'une société, avec « ses limites, son noyau et sa périphérie » (Mauss, 1930).
    • Des sociétés. Chacune garde ses institutions politiques et juridiques, qui font partie de « la constitution propre de chaque peuple » (Durkheim et Mauss, 1913).
    • Des économies. La monnaie, le commerce, les techniques et les outils, eux, voyagent d'une société à l'autre (Durkheim et Mauss, 1913).
    • Des mentalités. Les mythes, les langues et les connaissances voyagent aussi : une civilisation forme « une sorte de milieu moral » commun à plusieurs nations (Durkheim et Mauss, 1913).
    • Une continuité. Ni une économie ni une société données, mais ce qui persiste à travers elles et ne change que peu à peu (Braudel, 1963).

    Les trois mots qui suivent décrivent une part de la nôtre : son économie (capitaliste), l'une de ses mentalités (productiviste) et la façon dont elle puise dans son espace (extractiviste).

  • Capitaliste. Elle produit pour accumuler du capital : l'argent investi doit rapporter davantage, et ce surplus est réinvesti.
  • Productiviste. Elle fait de la cadence de transformation matérielle et de la croissance économique une fin en soi, mesurée par le produit intérieur brut (PIB) ou par des plans d'objectifs physiques. Ce modèle, partagé au XXe siècle par le capitalisme de marché comme par le collectivisme soviétique, postule un progrès infini par le machinisme et la consommation de masse. Il constitue le moteur d'aval qui tire et justifie l'emballement des volumes matériels globaux.
  • Extractiviste. Elle puise en amont dans le sous-sol et le vivant : combustibles fossiles, métaux, biomasse, sable, sols et eau. Ces flux de matières ont plus que triplé depuis 1970, prélevés massivement dans des périphéries géographiques ou sociales pour alimenter des métropoles consommatrices. La recherche y documente un rapport au monde fondé sur la dépossession, l'épuisement des écosystèmes et l'absence de réciprocité (Chagnon et coll., 2022). En tirant des combustibles fossiles près de 80 % de l'énergie primaire mondiale, notre système matérialise la « civilisation thermo-industrielle » décrite par Jacques Grinevald (Grinevald, 2006 ; Rens et Grinevald, 1979).

Ce cadrage est une lecture, celle de la recherche sur la transformation socioécologique (Brand et coll., 2021) et sur l'extractivisme. Il laisse au second plan une cause que la fresque traite ailleurs : la relation de domination à la nature et aux autres humains.

Tout en haut de la fresque, ces déterminants : nos façons de voir le monde, nos règles, nos institutions. Au milieu, le métabolisme lui-même : nos activités et leurs pressions sur le vivant. Tout en bas, nous : notre santé, notre nourriture, notre sécurité.

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Sources principales : IPBES (2019, 2020, 2023, 2024) · Planetary Health Check 2025, Potsdam Institute for Climate Impact Research et Stockholm Resilience Centre · Richardson et al., Science Advances (2023) · GIEC AR6 WGII et WGIII (2022) · Chancel, Nature Sustainability (2022) · Lefebvre, Sortir de l'impasse (2016). Chaque fiche indique son repère.

Chaque fiche renvoie à sa source et, lorsqu'il en existe, à des exemples d'application déjà en cours. Les liens s'ouvrent dans un nouvel onglet. L'état des limites planétaires est réévalué chaque automne : les statuts affichés sont ceux de septembre 2025.

Chaque fiche porte aussi son degré de consensus, qui qualifie sa thèse centrale et non le phénomène qu'elle décrit. Les fiches marquées contesté portent une thèse minoritaire, ou une position de Pareto : elles sont signalées comme telles plutôt que retirées. Le filtre les retrouve en tapant le mot.